Habituellement, l’or physique acheté et vendu sur les marchés par les grands acteurs institutionnels voyage peu. Il change de propriétaire mais reste souvent dans des coffres à Londres, New York, Genève ou Zurich.

Mais au plus fort de la crise du coronavirus, le marché de l’or a connu des perturbations de sa chaîne logistique, dont l’aspect le plus visible fut des ruptures de stock sur certains lingots, en particulier à la bourse de New York. Cela a incité un bon nombre d’acteurs de marché à acheter de l’or à Londres ou en Suisse, et à l’envoyer à New York pour le revendre sur le marché du Comex, ou il affichait une prime significative.

La conséquence selon l’agence Reuters : depuis la fin mars, plus de 400 tonnes d’or ont rejoint les coffres du Comex à New York, faisant très certainement de ce flux un des plus importants mouvements d’or de l’histoire.

Un chiffre confirmé par les exportations d’or de la Suisse vers les Etats-Unis, qui ont fait un bon spectaculaire en mars et avril, pour atteindre environ 150 tonnes. Soit 8 milliards de francs Suisse d’or exportés en seulement 2 mois, un montant qui est presque équivalent au total des exportations d’or de la confédération vers les Etats-Unis depuis 1988 (8.6 milliards de CHF entre 1988 et 2019).